RECEPTION EN L'HONNEUR DES DIPLOMES DU DILF DU 18 JUIN 2010

Parmi les apprenants fréquentant les ateliers linguistiques d'Archipelia, une quinzaine a obtenu le DILF (Diplôme Initial de Langue Française) au mois de Juin 2010. A l'occasion de la remise de ce diplôme,  une reception à été organisée à L'hôtel de ville.

Martine Trapon, présidente de la fédération des centres sociaux de Paris s'est exprimée au nom de toutes les personnes intervenues dans ce parcours :

 

"Je suis très honorée de représenter ici l’ensemble des intervenants des centres
sociaux, bénévoles et salariés qui mettent en oeuvre les Ateliers Sociolinguistiques au sein de leur projet social dans le réseau parisien.
Chacun connaît ici la place spécifique des centres sociaux dans l’histoire de
l’accueil de la population émigrée sur le territoire parisien. Je souhaite également
rappeler ici la mobilisation sans faille de notre réseau pour maintenir ces activités

socio linguistiques en direction des jeunes, des adultes et des familles pour soutenir l’effort de développement des actions et de qualification des intervenants bénévoles et salariés malgré les coupes sombres dans les financements et les incertitudes sur la volonté politique de poursuivre à hauteur des besoins très importants en région parisienne.
Les centres sociaux sont agréés par la Caf à condition que leur projet soit fondé
sur l’implication des habitants. Un centre social est un équipement de proximité,
porteur d’un projet d’animation globale c'est-à-dire que les activités éducatives et
culturelles et de service en direction des familles et des habitants des quartiers ne
constituent pas un catalogue mais doivent contribuer à l’amélioration de la vie
quotidienne en s’appuyant sur les potentialités des personnes et les ressources
collectives et institutionnelles du quartier.


Le projet social ainsi élaboré apporte des réponses aux questions soulevées par
les habitants eux même. A partir d’un diagnostic partagé, elles sont définies et mises en oeuvre avec les intéressés et en lien avec les partenaires. L’agrément devient ainsi le gage d’un projet en mouvement adapté aux évolutions du territoire et surtout aux besoins des habitants.
Dès lors il apparaît somme toute naturel et compréhensible que les familles

émigrées, très nombreuses dans les quartiers populaires parisiens aient rencontré les centres sociaux.

Les Ateliers Sociolinguistiques sont le fruit de cette rencontre. Ils proposent que l’apprentissage de la langue française s’effectue dans le respect de
l’autonomie et du choix des personnes.

Notre conception de l’intervention favorise l’idée d’une interaction des
personnes entre elles sur un territoire dans une dynamique de développement social.
Les participants peuvent ainsi inscrire l’apprentissage de la langue dans un véritable parcours qui les conduits parfois à prendre ensuite des responsabilités associatives au sein de leur quartier.
Si les centres sociaux ont accepté de participer au dispositif très particulier du
DILF c’est que le passage de ce diplôme s’inscrit dans le cadre commun de référence pour les langues et ensuite qu’il met en valeur justement des compétences sociales.
Tout d’abord parce que cette approche valide officiellement la démarche
pédagogique considérant l’apprenant comme acteur déjà immergé dans la société
française et parfaitement légitime à réclamer une sanction à son apprentissage,
apprentissage dont seuls les apprenants eux même pourraient évoquer ici la complexité et la difficulté.

Car qu’on ne s’y trompe pas si à Paris, les personnes d’origine
étrangères et étrangères sont nombreuses à pousser notre porte c’est qu’elles
perçoivent d’emblée que dans nos centres, elles sont dès leur arrivée considérées
comme capables. Cette capacité est au fondement de notre pédagogie et de ce fait les
conduits au succès que l’on sait.
Enfin arrêtons-nous un instant sur ces mots : « le Passage du DILF ».
Avant d’arriver à notre porte ces personnes ont « passé » bien des choses, des
frontières, des jours et des nuits, des heures devant des guichets attendant leur
tour…Ils ont rencontré d’autres passeurs…
Et bien pour cette fois, pour passer de leur langue maternelle à la langue française, ils ne seront pas seuls. Ils franchiront cette frontière symbolique du passage de la langue à la parole en bonne compagnie si je peux dire, c'est-à-dire dans un lieu où leur désir d’être parmi nous est reconnu et où pour ce qui nous concerne c’est un honneur de les accueillir."


Martine TRAPON
Présidente de la fédération des centres sociaux de Paris.